"Yoldayız" (On our way)


http://www.aljazeera.com/indepth/inpictures/2017/06/syrian-refugees-rebuild-lives-istanbul-170628151705966.html



Taib launched its own real estate investment company. Jasmine is completing a bachelor in environmental engineering. Maisa, passionate about music, has created a choir to bring together lovers of singing, regardless of their origins, and Reem invests body and soul to provide psychological help to the Syrians. They live in Istanbul and speak Turkish fluently. They are all Syrian refugees.


Turkey welcomes more than three million Syrian refugees*, leading to strong tensions and fears between Turks and Syrians. This growing number of displaced persons has demographic and socio-­‐economic consequences for Turkey, especially in Istanbul, where more than 480,000 Syrian refugees* currently live. Forced to flee their country to stay alive, the Syrians are hardly accepted. Today, the word refugee has a very negative connotation, as if Syrians were condemned to misery and forced to wait before they can return to their country. Living conditions of Syrians arriving in Turkey are extremely harsh (difficulties in finding housing, exploitation at work, language barriers, near impossibility of regularizing their status, etc.). But instead of being considered as victims or threat, what if Syrians were change makers capable of undertaking initiatives and persevering in order to have a better future ? Indeed, the reality of Syrian refugees is not limited to the thousands of families living in camps. It is enough to observe the Syrian community established in Istanbul to understand that they do their best to start a new life.


Maisa, Reem, Taib and Jasmine are on their way to resilience. They have rebuilt a life in Turkey through their efforts in finding a job and a home, learning Turkish and recreating a social life. They found a way to take an action in different fields such as music, work, education and volunteering.


Turkey opened its doors to Syrians in 2011. Six years later, there are stories that deserve to be told and which will serve as examples for migrant communities as well as for host communities.



* Source : Ministry Of Interior Directorate General Of Migration

http://www.goc.gov.tr/icerik3/gecici-­‐koruma_363_378_4713


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Taib a lancé sa propre compagnie d'investissement immobilier. Jasmine a repris des études d'ingénieur en environnement qu'elle réussit brillamment. Maisa, passionnée de musique, a créé une chorale pour réunir les amoureux du chant peu importe leurs origines et Reem s'investit corps et âme pour fournir une aide psychologique aux Syriens. Ils vivent à Istanbul et parlent couramment le turc. Ils sont tous réfugiés syriens.

La Turquie accueille plus de trois millions de réfugiés syriens. Cette problématique est source de vives tensions et de fortes craintes qui caractérisent depuis quelque temps les relations entre Turcs et Syriens. Ce nombre croissant de déplacés a bien entendu des conséquences démographiques et socio-économiques pour l'ensemble de la Turquie et plus particulièrement dans la métropole d'Istanbul où vivent actuellement plus de 480 000 réfugiés syriens. Contraints de fuir leur pays pour rester en vie, les Syriens sont difficilement acceptés. Le mot réfugié a désormais une connotation très négative. Et c'est comme si on les condamnait à une vie de misère et d'attente forcée avant de pouvoir rentrer en Syrie. Les conditions de vie pour les Syriens qui arrivent en Turquie sont extrêmement dures (difficultés à trouver un logement, exploitation au travail, barrière de la langue, quasi-impossibilité de régulariser leur statut, etc.).

Mais la réalité des réfugiés syriens ne se limite pas aux milliers de familles qui vivent dans des camps. Il suffit d'observer la communauté syrienne implantée à Istanbul pour comprendre qu'ils tentent par tous les moyens de recommencer une nouvelle vie. Ils sont sur le chemin de la résilience.



Mon projet a pour but de témoigner de ces parcours inspirants. J’ai décidé de suivre quatre personnes dans leur vie quotidienne, quatre personnes qui ont reconstruit une vie en Turquie grâce à leurs initiatives personnelles - trouver un travail, apprendre la langue turque, recréer une vie sociale et surtout avoir un toit où dormir. Le but de mon projet est avant tout de casser l’unique étiquette de « réfugiés » attribuée aux Syriens contraints d’affronter de nombreux défis et de recommencer à zéro dans un pays étranger.


A travers mon reportage photo, je souhaite que l’on puisse considérer les Syriens non pas comme des victimes ou une menace, mais bien comme des acteurs du changement capables d’entreprendre un tas d'initiatives surtout de persévérer pour s’offrir les clés d’un avenir meilleur. 


L’Europe a connu une première grande vague de réfugiés en septembre 2015. La Turquie a ouvert ses portes aux Syriens dès 2011. Six ans plus tard, il y a des histoires qui méritent d’être racontées et qui serviront d’exemples aussi bien pour les communautés migrantes que pour les communautés d’accueil.




Maisa is widely known among the Syrian community in Istanbul. She has created the Istanbul Mosaic Choir, a choir open to all but mainly composed of Syrians, who sing in several languages (Arabic, Turkish, Kurdish, Greek, Farsi, etc.). She even managed to live off her passion because she is a music teacher. For all those who integrate the Istanbul Mosaic Choir, it represents a new family. Regularly, its members gather around a picnic along the Bosphorus and dance on traditional music.


Maisa est très connue parmi la communauté syrienne à Istanbul. Elle a créé l’Istanbul Mosaic Choir, une chorale ouverte à tous, mais majoritairement composée de Syriens, qui chantent en plusieurs langues (arabe, turc, kurde, grec, farsi, etc.). Elle réussit même à vivre de sa passion puisqu’elle est professeure de musique. Pour tous ceux qui l’intègrent, l’Istanbul Mosaic Choir représente une nouvelle famille. Régulièrement, ses membres se rassemblent autour d’un pique-nique le long du Bosphore et dansent sur des musiques traditionnelles.

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«The music gave me my soul back», says Maisa, founder of the Istanbul Mosaic Oriental Choir. The members of the choir are allowed to rehearse in St. Antoine’s Church in the famous Istiklal Street every Thursday evening. For two hours, they sing in Turkish, Arabic, Kurdish, Greek, Farsi, etc. The choir is open to all. They are regularly solicited to make concerts during events related to the Syrian cause.


"La musique m'a redonné une âme", dit Maisa qui a créé l’Istanbul Mosaic Choir. Les membres de la chorale ont reçu le droit de répéter dans l’église Saint Antoine, située dans la célèbre rue d’Istiklal, tous les jeudis soirs. Pendant deux heures, ils s’entrainent à chanter en turc, en arabe, en kurde, en grec, en farsi, etc. La chorale est ouverte à tous. Régulièrement, ils sont sollicités pour faire des concerts lors d’événements qui concernent la cause syrienne.

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Maisa has been giving private music lessons for two years to Ashton, a little English boy. He is her best student, she has taught him everything and she is very proud of the progress he has made in such a short time. The Ashton family is the first to have responded to the Facebook ad posted by Maisa to offer private lessons. She is grateful because without them, she would never have been able to start her career as a professor in Istanbul. Today she considers them as her own family. Here, Maisa and Ashton remember the holiday they spent together in Southern Turkey.


Maisa donne des cours privés de musique depuis deux ans à Ahston, un petit garçon anglais. C’est son meilleur élève, dit-elle, car elle lui a tout appris et qu’elle est très fière des progrès qu’il a faits en si peu de temps. La famille d’Ahston est la première à avoir répondu à une annonce Face- book laissée par Maisa pour proposer des cours particuliers. Maisa leur est tellement reconnaissante; sans eux elle n’aurait jamais pu démarrer sa carrière de professeure à Istanbul. Aujourd’hui elle les considère comme sa propre famille. Sur cette photo, après leur leçon de piano, Maisa et Ahston se remémorent les souvenirs des vacances qu’ils viennent de passer ensemble dans le sud de la Turquie.

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Maisa organizes monthly distributions of toys for Syrian children who live in poor neighborhoods of the city. Before giving them their little gift packages, she sings famous Syrian songs with them. «If I give more, it inspires me and I receive more», likes to say Maisa who always tries to stay positive.


Maisa organise chaque mois des distributions de jouets pour des enfants syriens qui vivent dans des quartiers très défavorisés de la ville non loin de chez elle. Avant de leur donner leurs petits paquets cadeaux, elle entonne de célèbres chansons syriennes pour enfants. "Si je donne plus, cela m'inspire et je reçois davantage en retour", aime se répéter Maisa qui cherche toujours à rester positive car elle sait que c'est alors que la vie offre le plus d'opportunités.

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In summer, members of the choir like to gather around a picnic along the Bosphorus to sing and dance on traditional music. For them, the choir is like a family.


Les membres de la chorale aiment se rassembler en été le long du Bosphore autour d’un pique-nique pour chanter et danser sur des musiques traditionnelles. Pour eux la chorale, c’est comme une famille.

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Maisa has the opportunity to attend free private classes of pottery thanks to Ann, an English woman who has lived in Istanbul for years. The pottery allows Maisa to escape and evacuate her stress. She is so glad to have met Ann; «She’s like my mom,» says Maisa. «I love her so much, she always welcomes me to her home.»


Maisa a l'opportunité de pouvoir suivre des cours privés de poterie gratuitement grâce à Ann, une anglaise installée depuis des années à Istanbul. La poterie permet à Maisa de s'évader, de ne penser à rien et ainsi d'évacuer son stress. Elle est surtout très heureuse d'avoir fait la connaissance de Ann ; "Elle est comme ma maman" explique Maisa. "Je l'aime tellement, cela fait deux ans qu'elle me laisse venir dans son atelier quand je le souhaite".

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The members of the Istanbul Mosaic Oriental Choir have been invited to sing the song "One day" of Matisyahu in Arabic and English. Maisa wanted to deliver a message of hope and peace thanks to the participation of syrian children.


Les membres de l'Istanbul Mosaic Oriental Choir ont été invités à chanter la chanson "One day" de Matisyahu en arabe et en anglais. Maisa voulait livrer un message d'espoir et de paix en faisant aussi participer des jeunes enfants syriens.

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Maisa decided to meet her friends on Christmas Eve at her home to celebrate her return from Cyprus and her recent engagement with Mohammad, her love of youth with whom she resumed contact via Facebook. Mohammad currently lives in Holland, waiting to regularize his situation completely, he can not go to Turkey. Maisa does not have the right to go to Europe without obtaining a Schengen visa. However, they managed to meet in Cyprus to celebrate their union. That night, Maisa presents her friends to Mohammad on Skype and shows them the photos of the trip. After that, they danced together and sang all the evening.


Maisa a décidé de réunir ses amies le soir de Noël chez elle afin de célébrer son retour de Chypre et ses récentes fiancailles avec Mohammad, son amour de jeunesse avec qui elle a repris contact par Facebook. Mohammad vit actuellement en Hollande, en attente de régulariser tout à fait sa situation, il ne peut pas se rendre en Turquie. A l'inverse Maisa n'a pas la droit d'aller en Europe sans l'obtention d'un visa Schengen. Ils ont toutefois réussi à se retrouver à Chypre pour célébrer leur union. Ce soir-là, Maisa présente ses amies à Mohammad sur Skype et leur montre les photos du voyage. Elles se sont ensuite mises à danser ensemble et chanter toute la soirée.

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Reem is 32 years old and has been living in Istanbul for four years. She was forced to stay in Turkey because she was an activist in Syria and was threatened by the Syrian regime.

During the day, she works for newspapers of the Syrian Revolution. She dedicates her free time to the psychological help center for Syrians Aman, which means «security» in Arabic. Here, Aman’s volunteer team is present at the Arab Book Fair in Istanbul. Reem wants children to be aware of the importance of reading books, allowing a psychological support. Therefore, she organized a puppet show during the book fair, telling the children how they can help their community thanks to reading.


Reem a 32 ans et elle vit depuis bientôt quatre ans à Istanbul. Reem a été contrainte de rester vivre en Turquie, car elle était activiste en Syrie et qu’elle était menacée par le régime syrien. En journée, elle travaille pour un journal de la révolution syrienne. Le reste de son temps, elle le consacre à Aman : un centre d’aide psychologique pour ses compatriotes. L’équipe de volontaires d’Aman est présente à la foire du livre arabe à Istanbul. Reem souhaitait que les enfants soient sensibilisés à l’importance de lire des livres comme soutien psychologique. Les enfants sont d’ailleurs nombreux à venir s’asseoir au stand d’Aman pour regarder un petit spectacle de marionnettes où un cheval qui est capable de lire arrive à donner des conseils à ses amis en situation de détresse lorsqu’ils réalisent que leur maison a brûlé et qu’ils ont tout perdu.

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Reem volunteers as a manager for Aman, where a workshop on self-­‐confidence takes place for young Syrian girls. At the end of it, all participants write the other’s qualities on paper and put it in their envelopes to boost their self-­‐confidence.


Reem travaille bénévolement comme manager pour Aman. Pendant qu’elle réfléchit dans son bureau à l’organisation de nouvelles activités, un workshop sur la confiance en soi pour les jeunes filles syriennes a lieu au centre Aman. Chaque soir à la fin du workshop, les jeunes filles s’écrivent des petits mots pour décrire les qualités des unes et des autres qu’elles déposent ensuite dans leur enveloppe respective.

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«Volunteering as a refugee is a big challenge: how to make a balance between your personal life and the people you help?» says Reem. «But when you start volunteering, you can’t stop it, it becomes a need and it’s an experience that makes you feel achieving something». She feels that she can do more in Turkey than in Syria. There she can make a change.


Une volontaire syrienne donne des insructions aux jeunes filles qui suivent un workshop sur la confiance en soi au centre Aman. «Le bénévolat en tant que réfugié est un grand défi: c'est dur de trouver un équilibre entre ta vie personnelle et les personnes que tu aides", constate Reem. «Mais quand tu commences le volontariat, tu ne peux pas t'arrêter, c'est un besoin, c'est une bonne expérience qui te fait sentir que tu accomplis quelque chose». Reem explique que lorsqu'elle est arrivée en Turquie les six premiers mois, ça la rendait malade de ne rien faire. Puis elle a rejoint l'équipe d'Aman: « Je savais quand j'étais vraiment déprimée que la solution serait de me sentir utile en aidant les autres à aller mieux ». Elle réalise d'ailleurs qu'elle peut agir davantage en Turquie qu'en Syrie. Ici, elle peut faire changer les choses.

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Reem’s neighbor, Esra, is joining Reem to drink tea. Esra is Turkish and is learning Arabic at the university. She is so happy to be able to practice Arabic with Reem. During the conversation, they started singing famous songs of the Syrian Revolution.


La voisine de Reem vient de lui apporter quelques biscuits pour prendre le thé. Elle est Turque, mais elle est ravie de pouvoir pratiquer l’arabe avec Reem qu’elle apprend à l’université. Au cours de la conversation, elles se mettent à chanter des airs de la révolution syrienne.

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Reem and the volunteers of Aman participate in Istanbul’s annual marathon. They took the challenge of getting 12 people with disabilities across the finish line. On the road, they all shout «Ya Suria (Ode to Syria) » happy to represent a Syrian association among the Turkish participants who do not hesitate to take pictures with the volunteers to encourage them. Reem is proud to have managed to organize this event which is a unique experience for those people. This allowed them to do sport and above all, to achieve a goal despite their handicap.


Reem et les volontaires du centre d’aide psychologique pour Syriens, appelé Aman qui signifie « sécurité » en arabe, participent au grand marathon annuel d’Istanbul. Ils se sont donné comme défi de faire franchir la ligne d’arrivée à douze personnes handicapées. Sur la route, ils crient tous en chœur « Ya Suria » heureux de représenter une association syrienne parmi les nombreux participants turcs qui n’hésitent pas à prendre des photos avec les volontaires et les encourager tout au long du parcours. Reem est d’ailleurs fière d’avoir réussi à organiser cet événement qui constitue une expérience unique pour ces douze personnes. Cela leur a permis de faire du sport et surtout d’atteindre un but fixé malgré leur handicap.

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Taib came from Damascus to Istanbul in 2012. Four years later, he became the head of a real estate company «I Home» where he works with six other Syrian friends. Here, he is on the phone with a big customer that he has convinced to invest in a property offered by his company.


Taib signifie "espoir" en arabe. Il est venu de Damas en 2012. À son arrivée à Istanbul, il coupait du pain treize heures par jour pour préparer des sandwichs au poisson le long du Bosphore. Il travaillait sept jours sur sept pour un salaire de misère (200 euros/mois). Quatre ans plus tard, il est patron d’une société d’investissement immobilier « I Home » où il travaille avec six autres amis syriens. Ici, il est au téléphone avec un gros client qu’il a réussi à convaincre d’investir dans un bien proposé par sa société.

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«I love Istanbul because I have a story here. Istanbul is like a mother for me; sometimes hard sometimes great» says Taib. When he arrived alone in 2012, he was living in a house

with 60 people and working 13 hours a day in Eminönü cutting bread and preparing fish sandwiches for a wage of misery (200 dollars/month). He started learning Turkish. «If you don’t have a job you cannot do anything» is the motto of Taib. At that time, he could have worked in any field because he wanted to survive. «I don’t want people to see me as a refugee. I have hands, I can work here ».

 


"J'aime Istanbul parce que j'ai une histoire ici. Istanbul est comme une mère pour moi, parfois difficile parfois génial", dit Taib. Lorsqu'il est arrivé seul en 2012 à Istanbul pour échapper à l'armée du régime syrien, il a dû faire face à de très mauvaises conditions de vie. Il habitait dans une maison avec 60 personnes et il travaillait à Eminonu en coupant du pain toute la journée pour préparer des sandwichs au poisson. C'est ainsi qu'il a commencé à apprendre le turc. "Si vous n'avez pas d'emploi, vous ne pouvez rien faire" telle est la devise de Taib qui disait qu'à ce moment-là il pouvait travailler dans n'importe quel domaine, ça n'avait pas d'importance parce qu'avant tout il voulait vivre. Il essayait surtout de survivre. "Je ne veux pas que les gens me voient comme un réfugié, ce n'est pas nécessaire, j'ai des mains, je peux travailler ici et j'ai appris la langue".

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After tying several jobs, thanks to his self-taught skills, Taib sees his efforts today rewarded. By courage and perseverance his situation has improved and he now lives in a beautiful apartment in Bahçesehir, a residential area on the outskirts of Istanbul.


Après avoir enchainé plusieurs métiers, et ce grâce à ses compétences d'autodidacte, Taib voit aujourd'hui ses efforts récompensés. A force de courage et de persévérance sa situation s'est améliorée et il vit désormais dans un bel appartement à Bahçesehir, un quartier résidentiel en périphérie d’Istanbul.

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Taib managed to make his younger brother Zaid escape from Syria, avoiding his military service. They now live together in a beautiful apartment in Bahçeşehir, a residential area on the outskirts of Istanbul. The picture was taken on the evening of the terrorist attack at the Atatürk airport on the 28 of June 2016. They were concerned about the growing hanger against Muslims and the fact that Syrians would be blamed for the attack. But this does not prevent them from joking on other subjects. « After all, we have been through worse in Syria », they say, mentioning an explosion of more than 1.5 tons of explosives in Damascus.


Taib a réussi à faire venir son jeune frère Zaid de Syrie pour éviter qu’il doive faire son service militaire. Ils vivent ensemble dans un bel appartement à Bahçesehir, un quartier résidentiel en périphérie d’Istanbul. La photo a été prise le soir de l’attentat terroriste à l’aéroport d’Ataturk. Ils disent être préoccupés de voir grandir une haine contre les musulmans et que les Syriens soient blâmés pour ce type d’attaque. Mais ceci ne les empêche pas de blaguer sur d’autres sujets et de penser très vite à autre chose. Après tout ils ont vécu bien pire en Syrie, disent-ils en évoquant une explosion de plus 1,5 tonne d’explosifs à Damas.

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Together with his brother and his best friend, Taib likes going to Page Café, an Arabic bookstore held by a Syrian family. At the cafe, they meet Kalpesh Lathigra, an English photographer who is looking for Syrians to take part in his project called «The Syrian photo studio». After being photographed, Taib and Zaid receive their picture in Polaroid. They are both very excited to be part of this project and especially to finally get a picture of them after being separated for many years.


Taib est en compagnie de son frère et son meilleur ami, ensemble ils aiment se rendre au café Page, une librairie remplie de livres en arabe tenue par une famille syrienne. En arrivant au café, ils font la connaissance de Kalpesh Lathigra, un photographe anglais qui recherche des Syriens pour participer à son projet intitulé « The Syrian photo studio ». Après avoir été photographiés, Taib et Zaid reçoivent leur cliché en polaroid. Ils sont tous deux très émus de faire partie de ce projet et surtout d’obtenir enfin une photo à deux après avoir été séparés pendant de longues années lorsque Taib était enrôlé dans l’armée du régime syrien.

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Taib has just met Zerrin, a young Turkish woman. As he speaks Turkish perfectly, they can exchange on various topics. Taib explains that he is responsible for Dubarah, a platform that helps Syrian refugees in Turkey.


Taib vient de faire la connaissance de Zerrin, une jeune femme turque. Comme il parle turc parfaitement, ils se mettent tous deux à aborder un tas de sujets. Taib explique notamment qu’il est responsable d’une plateforme d’aide pour les réfugiés syriens en Turquie du nom de Dubarah. Mais très vite la conversation tourne à l’humour : ils se mettent à rigoler du comportement de certains Turcs lorsqu’on leur demande une direction.

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Jasmine, 24, is passionate about her studies as an environmental engineer. When she was forced to stop her studies at the university in Aleppo during the war in 2013, she immediately decided to find a solution to continue her studies in Turkey. She was accepted three years ago at the University of Istanbul. The main difficulty was to speak Turkish and find decent accommodation. But Jasmine learnt quickly the basics of the language and surrounded herself with Turkish friends.


Jasmine, 24 ans, est passionnée par ses études d’ingénieur en environnement. Lorsqu’elle a été contrainte d’arrêter ses études à l’université à Alep pendant la guerre en 2013, elle a tout de suite décidé de trouver une solution pour continuer son cursus en Turquie. Elle a été acceptée il y a trois ans à l’Université d’Istanbul. La difficulté principale a été de parler le turc et de trouver un logement décent. Très vite, Jasmine a appris les rudiments de la langue et s’est entourée d’amis turcs avec qui elle aime sortir le soir à Taksim.

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Jasmine is moving. This time she was able to find a house easily and much more adapted to her family, who joined her a year and a half ago. Jasmine takes care to carefully store all her syllabuses in a suitcase that she describes as the most important to her eyes. Jasmine is very proud to succeed at the University of Istanbul.


Jasmine est en train de déménager. Cette fois-ci elle a réussi à trouver une maison facilement et beaucoup plus adaptée à sa famille qui l’a rejointe il y a un an et demi. Jasmine prend soin de ranger soigneusement tous ses syllabi dans une valise qu’elle désignera comme étant la plus importante à ses yeux. Jasmine est d’ailleurs très fière de réussir ses études à l’Université d’Istanbul.

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Jasmine likes studying while listening to Turkish music. She works very hard to get her degree. «I do not feel very comfortable when people know where I am from because I have to deal with rejection and bad jokes towards Syrians», she admits. At the same time, she keeps repeating : «I do not consider myself as a refugee: I study here, I work here and I have a house». According to her, language is the most important : «Turks respect you more if you speak Turkish"


Jasmine aime étudier en écoutant des musiques turques. Sur un air de la célèbre chanteuse Sezen Aksu, Jasmine se concentre. Elle travaille très dur pour obtenir son diplôme d'ingénieur en environnement. "Je ne me sens pas très à l'aise quand les gens apprennent que je viens de Syrie parce que j'ai déjà du faire face à plusieurs critiques ou blagues de mauvais goût envers les Syriens..." confie Jasmine qui n'aime pas cela du tout. "Pourtant je ne me considère pas comme une réfugiée : j'étudie ici, je travaille ici et j'ai une maison". Selon elle, la langue est la chose la plus importante; "les Turcs te respectent davantage si tu parles turc". Défi relevé puisque Jasmine suit tous ses cours en turc à l'Université d'Istanbul.

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Jasmine volunteers at the Yusra Community Center, which provides support to refugees families in Istanbul. She teaches Turkish to Syrian children twice a week. She is very devoted and the children are grateful. That day, Jasmine celebrates her birthday with the kids.


Jasmine est volontaire dans un centre communautaire à Balat, le Yusra Community Center. Elle enseigne aux enfants syriens le turc deux fois par semaine. Elle est très dévouée et les enfants lui sont reconnaissants. Ce jour-là c’est l’anniversaire de Jasmine et ensemble ils célèbrent ses 24 ans.

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When Jasmine comes home on her birthday, her brother Ali starts dancing and singing in Arabic at the top of his lungs.


Lorsque Jasmine rentre à la maison le jour de son anniversaire, son frère Ali se met à danser et à chanter en arabe à tue-tête.

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Jasmine is very close to her mom. She is happy that her mother and her two brothers could join her in Turkey. However, it is not always easy for her to manage the responsibilities for the whole family. Her mother does not speak Turkish and Jasmine has to take care of all the administrative tasks. Her mother likes to prepare delicious meals while waiting for her daughter to come back from university.


Jasmine est très proche de sa maman. Elle est d’ailleurs bien plus épanouie depuis que sa maman et ses deux frères ont su la rejoindre en Turquie. Ce n’est pourtant pas toujours évident pour la jeune fille de devoir gérer un tas de responsabilités pour sa famille. Sa maman ne parle pas le turc et tout ce qui relève du domaine administratif Jasmine doit s’en occuper. Quant à sa maman, elle se charge de lui préparer de délicieux repas en attendant son retour de l’université.

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Michau, Jasmine's younger brother, learnt to play the violin when he arrived in Turkey. Since then he has joined the orchestra of the municipality of Fatih, a district of the old Istanbul, and would like to enter to the conservatory. Jasmine listens attentively when he repeats for his violin lessons in between two episodes of Turkish TV series.


Michau, le plus petit frère de Jasmine, a appris à jouer du violon à son arrivée en Turquie. Depuis il a intégré l’orchestre de la municipalité de Fatih, un quartier du vieil Istanbul, et il aimerait rentrer au conservatoire. Jasmine l’écoute attentivement lorsqu’il répète pour ses leçons de violon entre deux épisodes de série télévisée turque.

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Jasmine is talking on the phone with her dad. She misses him a lot and she doens’t see him often. He works between Syria and Bahrain to ensure the survival of his family. In Turkey, he couldn’t find a job because of the language barrier. Jasmine wishes to see her family reunited again.


Jasmine est au téléphone avec son papa. Il lui manque beaucoup et elle le voit très peu. Il travaille entre la Syrie et le Bahreïn pour assurer la survie de sa famille. En Turquie, il n’a trouvé aucune opportunité de travail à cause de la barrière de la langue. Elle souhaite de tout coeur que sa famille pourra un jour être réunie à nouveau.

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