Téhéran : les visages de l'indépendance


En Iran, aux yeux de la loi, une femme vaut la moitié d’un homme. Depuis que je l’ai lue, cette phrase ne cesse de résonner dans ma tête. Depuis toujours sensible aux injustices, mes poils se hérissent chaque fois que je prends conscience des inégalités de droits auxquelles sont soumises les Iraniennes. Pourtant la liste est longue : une femme considérée comme victime perçoit deux fois moins d’indemnités qu’un homme. Le témoignage livré par une femme devant un tribunal vaut la moitié de celui d’un homme, une femme hérite selon les droits de succession de la moitié de la part d’un homme. Pour qu’une femme puisse voyager, il faut qu’elle obtienne l’autorisation de son mari. Un Iranien peut avoir quatre conjointes mais si une femme commet un adultère elle sera passible de lapidation. Dès neuf ans, les filles sont considérées comme juridiquement responsables et sont passibles de peine de mort en cas de grave délit. Le port du voile est obligatoire et généralisé à la population féminine âgée de plus de neuf ans. Une femme est obligée de se soumettre à l’autorité et aux exigences de son époux. Bien que juridiquement le droit de travail soit reconnu aux femmes, certaines professions sont interdites, notamment la fonction de juge. Les femmes n’ont pas le droit de chanter en public. En dépit de cette longue liste rédhibitoire, la première fois que j’ai posé le pied sur le sol iranien, j’ai pris conscience d’une autre réalité. En Iran, les femmes sont omniprésentes. Malgré leur statut inférieur,les Iraniennes investissent l’espace public et occupent de plus en plus de place dans le monde du travail.


Pourquoi l’Iran ?

Avant de parler de mon expérience, je tiens à expliquer ce qui m’a motivée à partir là-bas. Ma grand-mère a de nombreux amis iraniens. Depuis que je suis toute petite j’ai fait la connaissance de ces familles dans lesquelles on était si bien reçues. Tous parlaient une langue tellement agréable à entendre. Mais je ne me rappelle pas qu’on ait un jour eu une réelle discussion sur leurs origines. Bien que j’aie toujours côtoyé des Iraniens, l’Iran ne me disait pas grand-chose. Quelques années plus tard, et toujours frustrée de ce manque de savoir, je me risque à demander à un ami iranien ce qu’il pense de son pays. Il me parle de ce qui l’a motivé à quitter l’Iran, du climat d’oppression qui y règne et de la diaspora iranienne. Après une discussion très enrichissante, je comprends qu’il est temps que je me rende sur place pour découvrir cette culture par moi-même.


Mais au-delà de l’influence familiale, l’objectif premier, en tant que future journaliste, était de dépasser les faux semblants exacerbés dans les gros titres de l’actualité. Trop de stéréotypes donnent une image déformée de l’Iran d’aujourd’hui. Je pense que le journalisme moderne doit expliquer plus qu’il ne montre.D’une part, nous appréhendons ce pays à cause des déclarations menaçantes de ses mollahs et de ses dirigeants radicaux aux ambitions nucléaires. D’autre part, à l’inverse, nous idéalisons cette société pour ses créations intellectuelles et artistiques dans un contexte difficile. Vu de l’extérieur l’Iran fait peur, mais de l’intérieur, il fascine. Suite à de nombreuses recherches, je me suis vite rendue compte que la vie en Iran est faite de paradoxes mais surtout qu’elle est extrêmement contrastée. Par exemple : en scolarisant massivement les femmes, les religieux, au pouvoir depuis 1979, ont finalement donné naissance à leurs contestatrices. L’univers féminin est en pleine agitation. Une excellente raison pour partir là-bas et tenter de percer les « mystères de la vie » quotidienne des Iraniennes.


La complexité iranienne

Pourtant, après deux séjours en Iran, il m’est toujours impossible de tirer des conclusions sur cette société. Certains se sont braqués sur un seul aspect de ce pays et ont tenté de le conceptualiser, alors qu’entrer en Iran c’est comme obtenir un permis de séjour dans le pays des paradoxes. Autre exemple, quand on sait que les relations hors mariage sont extrêmement mal considérées en Iran, faire la rencontre de couples qui vivent sous le même toit depuis plus de deux ans sans être mariés paraît insensé. Que dire ou que penser quand un Iranien vous demande quel est votre compte Facebook ? Alors que l’accès à ce genre de site est interdit par le gouvernement. Sous le voile des apparences, tout mérite d’être nuancé. Perturbée par cette confusion permanente, impossible de donner une image nette de cette société. Plutôt que d’imposer mon cadrage de ces réalités multiples, j’ai préféré donner la parole à trois femmes iraniennes. Toutes sont nourries de frustrations et ne supportent plus de vivre dans cette société mais c’est avec brio qu’elles ont réussi à y trouver un équilibre. Ou plutôt devrais-je dire un second souffle. A l’instar d’un grand nombre de femmes, Mahsa, Gunay, et Zahra ont su trouver les outils nécessaires à leur émancipation. Si on ne peut les qualifier d’activistes, ces femmes acceptent difficilement de se conformer aux règles et aux discriminations imposées par la République Islamique. Ces actrices du changement contribuent, de près ou de loin, à l'évolution des mentalités dans la société iranienne.


Munie de mon appareil photo, je me suis immiscée dans la vie de ces trois jeunes femmes qui m’ont fortement touchée pour leur capacité à acquérir davantage de libertés grâce à leurs activités quotidiennes. Que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’art ou du sport, ces femmes ont toutes des approches qui vont à l’encontre des valeurs imposées par le régime. Les évolutions paradoxales de la société iranienne ont conduit Mahsa, Gunay et Zahra à une prise de conscience des injustices dont elles sont victimes. Etant donné la faiblesse des organisations et associations, les avancées se font davantage ressentir au niveau individuel. Même si elles doivent sans cesse faire face à de nombreux obstacles, elles ne semblent pas à court d’idées pour revendiquer leur identité féminine et mener un combat permanent contre la ségrégation sexuelle.


Le changement par petites doses

"En Europe, les idéaux des Lumières – la sécularisation, la tolérance et les droits de la personne humaine –, semblent de plus en plus tomber dans l’oubli. De fait, ce n’est pas à Paris ou à Berlin qu’ils sont défendus avec le plus de sincérité, c’est à Téhéran. Ce sont les jeunes femmes voilées qui luttent contre un régime religieux fondamentaliste (…)"

Cet extrait de l’article Face à l’islam les Européens dérapent[1] de Caroline Emcke paru dans le journal Die Zeit peut en interpeller plus d’un. Si la journaliste a pris soin de prendre pour exemple les femmes de Téhéran qui luttent contre un régime religieux, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est pour que la communauté internationale se rende compte que, depuis la révolution islamique de 1979, la société iranienne a considérablement évolué. L’allongement de la durée des études des femmes a contribué à faire chuter la natalité et à remettre en cause l’ordre patriarcal. Plus éduquées, les Iraniennes cherchent à acquérir, avant tout, une autonomie professionnelle et financière.


La quête de l’émancipation demande un important travail sur soi. Les Iraniennes que j’ai rencontrées m’ont toutes fascinée par leur capacité à se donner à 100% dans leurs engagements. Convaincues et convaincantes, elles parviennent à rallier tout leur entourage à leur cause. Ces femmes déterminées sont le moteur d’une révolution qui s’opère individuellement. Dans un pays où 70% de la population a moins de 30 ans, les jeunes femmes résistent quotidiennement au climat d’austérité. Courageuses et travailleuses, ces femmes n’ont plus une minute à elles. Que ce soit Mahsa qui passe la moitié de sa journée sur les bancs de l’université et l’autre moitié à donner des cours d’anglais dans un institut privé, Zahra qui dessine officiellement des livres pour enfants mais peint à ses heures perdues des tableaux de femmes nues, Gunay étudiante en dernière année de chimie, qui pratique un sport de haut niveau plusieurs fois par semaine, ou encore Shahla, qui travaille dans une entreprise de télécom la journée et qui le soir, se transforme en rédactrice en chef du magazine féminin Zanan.


Bien que ces Iraniennes doivent sans cesse faire face à des lois discriminatoires, elles ne perdent pas espoir car leur situation n’est nullement comparable à celle de leurs voisines en Afghanistan ou en Arabie Saoudite. Mais le combat pour les droits des femmes, comme celui pour les droits humains en général, est loin d’y être gagné. Loin de moi l’idée de vouloir minimiser les inégalités de droits endurées par ces femmes quotidiennement. Je pense qu’il est plus pertinent de mettre la lumière sur le rôle insoupçonné que jouent certaines femmes dans le "rejet de l’instrumentalisation de la religion à des fins politiques. Elles sont les principales protagonistes du changement et vectrices des valeurs de la modernité mondiale " comme le souligne Azadeh Kian-Thiébaut dans son ouvrage.

Les femmes iraniennes entre Islam, Etat et famille[2].


Le pays des extrêmes

Le premier constat que j’ai pu faire sur la société iranienne est que les interdictions détruisent les êtres humains. En cherchant à imposer une manière de vivre à son peuple, le régime obtient une réaction opposée. Les jeunes rêvent à tout prix de ce à quoi ils ne peuvent accéder. Malgré les risques encourus, la nouvelle génération de femmes, accorde de moins en moins d’importance aux « valeurs islamiques ». Au fil du temps, ces femmes sont devenues plus audacieuses. Cela s’explique par le fait qu’elles ont grandi sous un système restrictif, et que par conséquent elles ont appris à vivre avec. La plupart des femmes mènent une « double vie ». Il y a la vie publique et la vie privée. Toutes les contraintes de la vie publique s’effacent une fois la porte de la maison fermée. Les Iraniennes excellent dans l’art des doubles apparences.


L’Iran est un pays en pleine mutation. Un pays où le clivage entre tradition et modernité est sans cesse d’actualité. Téhéran est une ville enchâssée au pied des montagnes où un labyrinthe de longues avenues accueille chaque jour plus de 14 millions de personnes. Cette ville moderne s’apparente à un véritable chaos au sein duquel les femmes bouillonnent. Ca grouille de monde partout. La pollution, le bruit et le désordre sont les maîtres mots de cette capitale. Sans oublier le trafic constant qui règne et ne facilite pas les déplacements. L’alternative métro est déconseillée, au risque de s’y retrouver entassée comme des sardines dans les wagons réservés aux femmes. Cette ville est fatigante et oppose des gens issus de tout le pays ;on s’y rend pour affaires,étudier ou encore goûter aux plaisirs des innombrables centres commerciaux, et des cafés en tout genre. Peu sont originaires de la capitale, pourtant beaucoup y restent par facilité, pour faire fortune ou pour profiter du vent de liberté qui y souffle. A Téhéran, les activités culturelles battent leur plein, les fêtes privées et concerts underground avec alcool et drogue ont du succès. Entre la petite ville de Yazd, située non loin du désert et Téhéran, la mégalopole, pour certains, le choix est facile à faire.


On observe à Téhéran, une division de la population. Au nord, les quartiers chics aux demeures imposantes, au sud les pauvres. Le privilège de pouvoir s’acheter son bonheur est réservé au microcosme du nord. Tout ce qui est banni est habituellement source de désir. L’alcool et la drogue sont formellement interdits mais moyennant quelques billets, tout devient accessible. Dans ces quartiers, le code vestimentaire strict n’est pas souvent respecté. Ces femmes aiment agir à « l’occidentale » malgré l’exaspération et les foudres potentiels dela police des mœurs. A l’inverse, les familles des quartiers sud, généralement plus ancrées dans les traditions religieuses, subissent de plein fouet la crise économique. Quant aux classes moyennes, elles doivent également cumuler les métiers pour s’en sortir.


Autre élément à considérer : le fait que la société iranienne soit fortement fragmentée. Un des obstacles majeurs auquel sont confrontées ces femmes en quête de libertés est l’acceptation des valeurs conservatrices imposées par le régime.Cela s’observe dans de nombreuses familles traditionnelles et religieuses. De par leur éducation, certaines femmes sont attachées à ces principes et elles ne conçoivent pas la désobéissance aux valeurs traditionnelles. Ces femmes ont été élevées avec l’idée qu’elles auront toujours un statut inférieur aux hommes et qu’elles sont obligées de respecter ce fondement. De fait, pour elles, la ségrégation sexuelle est une normalité indiscutable.


Certes, les trois femmes que j’ai suivies ne représentent pas l’entièreté de la population féminine en Iran. Néanmoins, elles constituent une véritable source d’inspiration pour d’autres femmes.Leur courage et leur faculté à vouloir transmettre un message positif autour d’elle sont admirables. Conscientes du chemin à parcourir, mais encouragées par les résultats de leurs luttes, Mahsa, Gunay, et Zahra m’ont permis de quitter l’Iran avec un sentiment de soulagement. Non, ce pays n’est pas sans espoir. Oui, la nouvelle génération issue de la Révolution a pris la relève. Même si les avancées semblent faibles en apparence, les esprits s’échauffent. Tout ceci laisse augurer de plus importantes modifications de la condition des femmes. Les Iraniennes, devenues actrices du changement, ont fait de la République islamique d’Iran un des régimes patriarcaux où les femmes sont progressivement sur le chemin de l’émancipation.



[1] Emcke, C. (2010, 29 avril). Face à l’islam les Européens dérapent. Courrier International.

[2] Kian-Thiébaut, A. (2002). Les femmes iraniennes entre Islam, Etat et famille. Paris : Maisonneuve et Larose.


« Cette situation brouillée où s’enchevêtrent fierté patriotique, références religieuses chiites, poussée individualiste et tradition familialiste, occidentalisation des modes de vie, n’est certes pas réductible à quelques clichés simplistes. Il est plus important que jamais de traverser les apparences et d’aller regarder la société iranienne, derrière le miroir.»

Christian Bromberger

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Mahsa



Mahsa, 23 ans, est étudiante à l’Université de Téhéran. Elle est également professeur d’anglais dans un institut privé. Elle est persuadée que l’éducation est le meilleur moyen pour changer les mentalités de la société iranienne. Son plus grand souhait est d'instaurer un nouveau système éducatif qui permettrait aux étudiants d'acquérir un esprit critique pour analyser des sujets controversés.


Mahsa a du mal à trouver sa place dans cette société paralysée par les «moutons». Par le mot mouton elle évoque la population iranienne conservatrice et religieuse qui suit bêtement ce que le gouvernement lui impose.

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Mahsa est une jeune femme très instruite. Fascinée par les livres, elle aime se promener le long du boulevard Vali Asr pour y acheter des romans en anglais. « J’aime le sentiment que me procure la lecture, je me mets dans la peau du personnage principal et je m’évade. »

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« Chaque matin lorsque je me réveille, je me vois partir de ce pays. » Masha n’en peut plus d’être jugée en permanence, pour elle c’est extrêmement difficile de ne pas pouvoir accomplir ce qu’elle désire réellement.

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« Si je veux vivre normalement en Iran, je dois faire attention et constamment me cacher. » Mahsa ne peut pas dire qu’elle vit chez son copain. Ils ne sont pas mariés et c’est un réel tabou en Iran. Chez eux, c’est le seul espace de liberté commun.

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En société, Mahsa souffre du regard des autres.


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Mahsa défie ses élèves en leur demandant d’argumenter sur des sujets tabous. Elle lance aussi des thèmes de conversation et conteste leurs idées préconçues. « En fait je ne leur donne pas réellement des coursd’anglais, je leur apprends à penser par eux-mêmes. »

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Mahsa donne cours dans six classes différentes. Cinq classes de filles et une de garçons. Elle constate que les filles sont plus volontaires pour apprendre que les garçons.

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A l’université, les femmes représentent environ 65% des étudiants.

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Le week-end Mahsa passe du temps avec ses amis. Ensemble, ils se rendent au Gholhak Complex pour assister à des concerts de rock projetés sur grand écran. Avant chaque concert, ils se réunissent pour fumer de la marijuana. « On fume pour le fun. ça donne un sentiment de liberté passagère. »

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Bam Tehran est considéré comme le toit de Téhéran, à l’écart de la ville. Les jeunes aiment s’y retrouver car ils s’y sentent libres. C’est un lieu loin des autorités, où les gens peuvent écouter de la musique, chanter, danser et parfois même fumer et boire.

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Zahra 


Zahra, 25 ans, est une artiste. Elle est originaire de Yazd. Issue d’une famille très conservatrice, Zahra a toutefois réussi à s’émanciper de l’emprise familiale en poursuivant ses études d’art à Téhéran. Elle a d’abord été obligée de vivre quatre ans dans un dortoir. C’était l’enfer. Mais cela lui a donné l’inspiration nécessaire à la réalisation de nombreuses peintures.

Zahra vit avec son copain à Téhéran. Artiste dans l’âme, elle souhaite témoigner de son expérience à travers ses créations. Zahra croit enla puissance de l’art dans la société iranienne. Elle met en scène son copain pour qu’il fasse partie de son nouveau projet. Elle peindra son prochain tableau sur base de sa photo.

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Dans son tableau intitulé la «Vierge », Zahra a voulu représenter deux types de femmes aux comportements extrêmes. D’une part, la prostituée qui abuse des relations sexuelles et de l’autre, la femme toujours vierge à 30 ans.Elle souhaite susciter le questionnement sur la manière dontdes filles de 18 à 30 ans, qui ne sont pas mariées, sont censées assouvir leurs besoins sexuels.

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Zahra pense avoir accompli plus de choses dans sa vie que la majorité de ses amies. C’est pourquoi elle se considère comme un exemple à suivre pour son entourage. Elle rêve de pouvoir transmettre de nouvelles valeurs à travers les livres pour enfants qu’elle réalise. Malheureusement, elle sait que ses livres ne seront jamais publiés si elle aborde des thématiques controversées telles que le port du voile ou les religions.

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Séance d'épilation pour Zahra.

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Les tableaux de Zahra reflètent ce qu’elle a pu observer dans la société ou ce qu’elle a vécu. « Je montre des choses que les gens ont du mal à comprendre. » Les peintures de femmes nues qu’elle a réalisées sont interdites. Elle souhaite que les gens réfléchissent davantage sur le sens de ses peintures et qu’elles puissent être exposées dans une galerie en Iran. Jusqu’à présent ses tableaux ont été exposés à Bruxelles et en Italie. Zahra a déjà beaucoup voyagé mais elle ne désire pas quitter l’Iran. « Si tout le monde part que va devenir ce pays ? J’aime mon pays, mon peuple et ma famille. Je veux rester pour préparer un meilleur avenir pour les prochaines générations. »

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Une femme qui fait l’amour avec une mouche (La Vierge), des enfants qui jouent entourés d’abeilles. Les peintures de Zahra explorent le rôle des insectes dans la vie des êtres humains. L’omniprésence de ces insectes a attiré l’attention de Zahra lorsqu’elle a vécu pendant quatre ans dans un dortoir à Téhéran. Elle assistait chaque mois à la désinfection des cafards de sa chambre. « Nous ne sommes jamais seuls. Dans mes peintures ils représentent le quotidien, le non-progrès, le non changement. »

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Gunay 



Gunay, 25 ans, est passionnée de sport. Bien que la législation oblige les femmes à porter le voile et le manteau en public, cela ne semble pas freiner Gunay dans ses activités sportives. Au contraire, elle est d’autant plus fière d’elle lorsqu’elle va courir au parc ou lorsqu’elle fait trois fois par semaine de l’aviron au complexe sportif Azadi.

Faire du dragon-boat malgré le voile, le manteau et de fortes chaleurs est le challenge relevé par Gunay. « Je préfère accepter les difficultés, et montrer que je suis forte. » Bien qu’elle doit redoubler d’efforts pour pratiquer le sport qu’elle aime, Gunay pense qu’elle a plus de mérites que les hommes à qui on n’impose pas de contraintes vestimentaires.

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Gunay vient de se fiancer. Elle n’est pas sûre de vouloir rester en Iran car elle projette de partir rejoindre son futur mari aux Etats-Unis. En attendant elle communique via des applications sur son Smartphone qui ne sont pas encore censurées par le gouvernement.

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Gunay accorde beaucoup d’importance à son apparence physique. C’est pour elle un moyen de contester les lois discriminatoires. Elle aime revendiquer sa féminité. Comme beaucoup de femmes, elle s’est fait refaire le nez. « C’est important pour nous, le visage est la seule partie de notre corps que l’on peut montrer. »

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Chaque matin, Gunay va courir au parc. Elle se sent plus énergique pour le reste de la journée. Mais hors de question pour elle de se rendre dans le parc de Téhéran réservé aux femmes. Selon elle, cela renforce les discriminations. Je préfère accepter les difficultés, et montrer que je suis forte.

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Trois fois par semaine, Gunay se rend au complexe sportif d’Azadi. Elle y retrouve son équipe féminine de dragon boat pour s’entrainer pendant plus d’une heure.

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Fumer le narguilé entre amis dans les hauteurs de Téhéran est une échappatoire pour Gunay. Ici les jeunes femmes se soucient moins de leurs voiles et peuvent parler plus librement. Cette sensation d’évasion attire chaque jour de nombreux Téhéranais à Darband.

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